Mardi 15 novembre 2011
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THIS MUST BE THE PLACE (VO) - Cannes
2011
De :
Paolo SORRENTINO
Origine : France-Italie-Irlande
Avec : S. Penn, J. Hirsch
Durée : 1h58
Vieux rocker (dans sa variante
metal-gothique), Cheyenne traîne son ennui, ses souvenirs et son mal-être dans son manoir de Dublin. Maquillé, grimé, figé dans sa silhouette de faux Ozzy Osbourne, il apprend que son père vient
de mourir. Cheyenne se met en quête de l’ancien bourreau de son père, un nazi oublié… Paolo Sorrentino, réalisateur qui aime les sujets en marge ("les Conséquences de
l’amour", 2004 ; "Il divo", 2008), observe la renaissance d’un homme carbonisé. Au gré de son
voyage avec une jeune femme ramassée sur le chemin, le héros se heurte au passé – et, face à la mort, se met à revivre. Film au rythme méditatif, "This Must Be The
Place" est surtout une fascinante performance d’acteur : Sean Penn
y est inoubliable.
Par les cinglés du cinéma
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Mardi 8 novembre 2011
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WOMEN ARE
HEROES dans le cadre de la semaine de la solidarité
De : JR
Origine : France
Genre : documentaire
Durée : 1h25
Rater Women Are Heroes serait une grave erreur. D’abord parce que ce film donne la pêche, ce qui n’est pas très fréquent par les temps qui courent. Ensuite parce qu’il est surprenant, sur le fond
et la forme, et que les surprises sont toujours très vivifiantes. Enfin parce que le «message» de ce documentaire est nouveau, notamment dans son écriture, à contre-courant de ce qui se fait, se
dit habituellement. Il y est question de femmes en situation de détresse, au moins de très grande pauvreté, qu’on ne nous montre jamais en victimes fatalement abattues ou désarmées, mais tout au
contraire combatives, dynamiques, incroyablement vivantes. Au sens littéral : elles aiment la vie, leur vie, que d’autres cinéastes auraient décrite comme calamiteuse, forçant le spectateur à la
compassion.
Le jeune photographe JR, du monumental
et de l’éphémère, nous offre avec «Woman Are Heroes», un documentaire au féminisme enjoué.
Par les cinglés du cinéma
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Mercredi 2 novembre 2011
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IMPARDONNABLES - Cannes 2011
De : André TÉCHINÉ
Origine : France
Avec : A. Dussolier, C. Bouquet, M. Thierry
Durée : 1h51
L’amour est-il encore possible passé la cinquantaine ? Comment se jouent
le désir, le sexe, dans l’après-midi tardif d’une vie ? Telles sont certaines des questions qui parsèment ce beau récit romanesque et automnal, même s’il traverse toutes les saisons.
“Romanesque”, “saisons”… : on est indubitablement en territoire téchinien. Comme souvent, le cinéaste monte en neige un récit proliférant, empile les strates et multiplie les chemins de traverse.
Les deux personnages principaux sont chargés d’un vécu préexistant au film, ils portent chacun un roman en eux. Le film trouve sa beauté, sa tension (mais une tension tranquille, variation
nouvelle chez Téchiné), son suspense, dans la chronique de cette rencontre à la fois pleine de promesses et entravée par les fantômes du passé…
Par les cinglés du cinéma
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Mardi 25 octobre 2011
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LA GROTTE DES RÊVES PERDUS (3D)
De : Werner HERZOG
Origine : France-Allemagne
Genre : documentaire-historique
Durée : 1h30
La Grotte des rêves perdus, son nouveau documentaire, joint l'exploit au mystère. L'exploit,
dont Herzog peut et ne manque d'ailleurs pas de s'enorgueillir, consiste à avoir arraché aux autorités
compétentes l'autorisation de filmer sans doute pour la dernière fois la grotte Chauvet. Ce lieu situé en Ardèche, extraordinairement protégé en raison
de sa fragilité, regroupe l'ensemble de peintures pariétales le plus ancien au monde, un trésor de l'humanité riche de quelque quatre cents oeuvres datant d'il y a plus de trente mille ans. De
quoi faire passer les croquis de Lascaux, qui remontent à dix-sept mille ans, pour de l'art moderne. On
découvre surtout, grâce à la caméra de Herzog, l'intérieur de ce sanctuaire interdit, à la beauté minérale, au parois ornées d'un riche bestiaire (une quinzaine d'espèces représentées). Les
peintures reproduisent des scènes de chasse, de lutte, d'accouplement, qui semblent captées sur le vif, et témoignent d'une technique élaborée, qui joue de l'alliance entre le trait et la
surface, avec des effets saisissants de perspective, de mouvement, de relief. Le cinéaste s'y attarde longuement, silencieusement, presque religieusement. Il les filme de surcroît en 3D, dont
l'usage au cinéma n'aura jamais été plus justifié, esthétiquement et conceptuellement.
Par les cinglés du cinéma
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Lundi 24 octobre 2011
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09:53
LA PIEL QUE HABITO (VO) primé Cannes 2011
De : Pedro ALMODOVAR
Origine : Espagne
Avec : A. Banderas,
M. Paredes
Durée :
1h57
Ceux qui ont lu « Mygale » feraient mieux de l’oublier. Du sidérant
roman de Thierry Jonquet, Pedro Almodóvar n’a gardé que la trame, imaginant une
histoire de survie et de vengeance personnelle, presque aussi transgressive mais bien plus morale. Ce thriller horrifique met en scène un chirurgien esthétique (Antonio Banderas, sobre et sexy) et sa belle captive (la révélation Elena Anaya), une femme qui sert de cobaye à ses expériences sur la peau
humaine. Il l’observe par écrans interposés, sans que l’on sache s’il admire son œuvre ou s’éprend de sa soumise, et l’ambiguïté de leurs relations nourrirait à elle seule un drame passionnant.
C’est loin de suffire pour Almodóvar, chez qui surgit un violeur en combinaison de fauve suscitant l’effroi autant que le rire… Fascinant de bout en bout, « la piel que habito» subit surtout, à mi-parcours, un rebondissement renversant. Les
fans du réalisateur ne peuvent pas rater ça.
Par les cinglés du cinéma
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